POINT DE VUE

De la réinsertion des sortant-e-s de prison

A supposer que la réinsertion dépende sensiblement des conditions d’accueil
du bénéficiaire, nous devons, toutefois, admettre l’importance cruciale d’agir en
amont au sein de la société elle-même par un travail d’amendement et de
revalorisation du sentiment d’appartenance au groupe social : la resocialisation.
L’exemple dans notre processus se traduit par l’idéal de la mise à profit de la
période de la privation de liberté pour obtenir, dans la mesure du possible, que le
détenu, une fois libéré, soit capable de vivre en respectant la loi et de subvenir à ses
besoins.
Il reste néanmoins utile de rappeler que la mise à profit de la période de privation
de liberté ne peut provoquer d’effets de réinsertion que si elle est la conclusion d’un
processus qui s’est déroulé dans des conditions satisfaisantes, et qui a pour point de
départ la mobilisation de la personne détenue qui reste un facteur déterminant dans
le processus de la préparation à la réinsertion (on ne peut pas réinsérer quelqu’un
malgré lui, sachant l’effet négatif de l’exclusion qui, paradoxalement,
déresponsabilise par la prise en charge de la personne).
Le traitement ne doit surtout pas mettre l’accent sur l’exclusion des détenus de la
société, mais au contraire sur le fait qu’ils continuent à en faire partie. A cette fin, il
faut recourir, dans la mesure du possible, à la coopération d’organisations de la
communauté pour aider le personnel de l’établissement dans ses taches. »
La réinsertion contribue à la cohésion sociale, comme socle de stabilité
indispensable à l’édification ou à la consolidation d’une société démocratique.

La lutte contre la pauvreté, la précarité, l’exclusion et la récidive, non pas par
l’assistanat, mais par le développement socioéconomique, où l’entreprenariat joue
un rôle important, est un moyen de consolider l’Etat de droit et la démocratie.
La réinsertion perçue comme une politique de resocialisation est un moyen de lutte
contre la violence. L’aide à la réinsertion de ces jeunes s’inscrit dans la
consolidation des droits socioéconomiques d’une population en situation de
précarité et d’exclusion ; ce qui est de nature à conforter la cohésion sociale, socle
indispensable pour l’édification d’une société durablement démocratique.
C’est dans cette perspective qu’il faut propulser l’intérêt de la société civile pour
qu’elle puisse assumer sa part de responsabilité dans le post carcéral, en tant que
structures associatives œuvrant dans le domaine de l’accueil et de
l’accompagnement des sortants des prisons dans le cadre du programme de
réconciliation des anciens détenus avec leur société et de lutte contre la récidive.

Adresse

Hay Mohammadi, centre Multidisciplinaire Dar Lamane, Bd Ali Yaata - Anciens locaux de polices - à côté de l'annexe 48 de l'arrondissement Casablanca, Maroc